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Miketz -Le Rosh Yeshiva Réponds – Est-il permis d’offrir un cadeau que l’on a soi-même reçu ?

by Rabbi Dov Linzer (Posted on December 18, 2023)
Topics: French, Rosh Yeshiva Responds

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נְחָה… וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם יִשְׂרָאֵל אֲבִיהֶם אִם כֵּן אֵפוֹא זֹאת עֲשׂוּ קְחוּ מִזִּמְרַת הָאָרֶץ בִּכְלֵיכֶם וְהוֹרִידוּ לָאִישׁ מִבְּפִי אַמְתְּחֹתֵיכֶם תָּשִׁיבוּ בְיֶדְכֶם אוּלַי מִשְׁגֶּה הוּאוְכֶסֶף מִשְׁנֶה קְחוּ בְיֶדְכֶם וְאֶת הַכֶּסֶף הַמּוּשָׁב :

“Israël, leur père, leur dit: “Puisqu’il en est ainsi, eh bien! Faites ceci: mettez dans vos bagages des meilleures productions du pays et apportez les en hommage à cet homme: un peu de baume, un peu de miel, des aromates et du lotus, des pistaches et des amandes. Munissez vous d’une somme d’argent double: l’argent qui a été remis à l’entrée de vos sacs, restituez le de votre main, c’est peut être une méprise.” (Gen. 43:11-12)

Traduit par Rabbi Émile Ackermann

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QUESTION—New York, NY

Est-ce un problème de donner à quelqu’un un cadeau que vous avez reçu de quelqu’un d’autre et dont vous ne voulez pas, sans révéler qu’il s’agit d’un cadeau que l’on a soi même reçu ? Une fidèle de la synagogue m’a dit qu’un de ses rabbins lui avait dit que c’était un problème de geneivat da’at, de tromperie d’une autre personne, mais j’ai des doutes. Quelle est votre position à ce sujet ?

RÉPONSE

Le problème de la geneivat da’at se pose lorsque vous faites quelque chose pour que quelqu’un ressente une gratitude imméritée à votre égard par le biais d’un acte de fausse représentation, comme l’inviter à un mariage alors que vous savez qu’il ne pourra pas venir. Voici comment Rambam le formule (Deot 2:6) :

Il est interdit lignov da’at, de tromper les gens, même un non-Juif… On ne doit pas pousser son collègue à partager un repas avec lui alors qu’on sait que son collègue n’acceptera pas l’invitation… On ne doit pas ouvrir pour son collègue des tonneaux censés être ouverts pour la vente, afin de le tromper en lui faisant croire qu’ils ont été ouverts en son honneur. Il en va de même pour toutes les questions de ce genre.

Comme ces exemples le montrent clairement, le problème est de tromper et de déformer, soit les faits (par exemple, le but pour lequel les tonneaux sont ouverts), soit ses propres intentions (lancer une invitation alors que l’on n’a pas vraiment l’intention que la personne y assiste).

Offrir un cadeau que l’on a reçu pour soi est interdit si le cadeau est présenté de manière à ce que le destinataire croie que vous avez fait un effort et que vous vous êtes donné du mal pour obtenir quelque chose de spécifique pour lui (“c’est l’intention qui compte”). Mais si vous ne faites pas de fausses déclarations et ne laissez pas entendre que vous avez fait un effort particulier, je ne pense pas qu’il y ait de problème.

Considérons deux scénarios possibles. Si le cadeau n’est pas trop adapté à la personne et à ses goûts, la personne ne pensera probablement pas que vous avez fait des efforts pour l’acheter. Nous savons tous que les gens ont parfois un stock de cadeaux à offrir (par exemple, j’ai un tas de belles couvertures de hallah prêtes à être offertes lorsque je suis invité) et qu’il peut arriver d’offrir des choses que l’on a reçu en cadeau. Si, en revanche, le cadeau est adapté à la personne, le fait que vous l’offriez à cette personne et non à quelqu’un d’autre signifie que vous l’aviez spécifiquement à l’esprit et que vous avez fait un effort particulier, même si cet effort n’a pas consisté à aller au magasin pour acheter l’objet en question.

L’intention a également son importance. Notez que Rambam écrit que les actions ont été faites “dans le but de tromper” la personne. Par conséquent, si vous n’essayez pas de faire de fausses déclarations et qu’une personne normale ne supposerait pas que vous avez fait un effort particulier alors que ce n’est pas le cas, vous n’avez pas à vous inquiéter du fait que cette personne pourrait tirer des conclusions erronées. En revanche, si une personne normale suppose que vous avez fait un effort alors que ce n’est pas le cas, le fait de lui offrir le cadeau sans préciser qu’il s’agit d’un cadeau qui nous a été offert par quelqu’un d’autre peut être considéré comme une fausse déclaration intentionnelle.