Today is February 20, 2024 / /

The Torah Learning Library of Yeshivat Chovevei Torah

Vayigash – Le Rosh Yeshiva Réponds – Réciter Sheh’eyanou lors de son mariage

by Rabbi Dov Linzer (Posted on December 21, 2023)
Topics: French, Rosh Yeshiva Responds, Sefer Breishit, Torah, Vayigash

Print Friendly, PDF & Email

https://pixabay.com/photos/wedding-rings-engagement-rings-3611277/

“…וַיֵּרָא אֵלָיו וַיִּפֹּל עַל צַוָּארָיו וַיֵּבְךְּ עַל צַוָּארָיו עוֹד. וַיֹּאמֶר יִשְׂרָאֵל אֶל יוֹסֵף אָמוּתָה הַפָּעַם אַחֲרֵי רְאוֹתִי אֶת פָּנֶיךָ כִּי עוֹדְךָ חָי.”

“Et [Joseph] lui apparut [à Jacob], et il tomba sur son cou et pleura sur son cou pendant un bon moment. Israël dit à Joseph : Laisse-moi mourir maintenant, puisque j’ai vu ton visage, puisque tu es encore vivant.” (Bereishit 46:29-30)

“Celui qui voit son ami après une séparation de 30 jours récite la bénédiction Shehchiyanu. Après une séparation de 12 mois, il récite “Meh’ayé Hamétim” (Qui ramène les morts à la vie), à condition qu’il lui soit très cher et qu’il se réjouisse de le voir.” (Choulkhan Aroukh, Orakh H’ayyim 225:1)

Traduit par Rabbi Émile Ackermann

To read this post in English, click here

To read this post in Spanish, click here

QUESTION—Jérusalem, Israël

En tant que mesader kiddushin, je rencontre souvent des couples qui souhaitent réciter la brakha de Sheh’eyanou sous la chuppah. Je sais que cela ne se fait pas habituellement et que certaines personnes le font en demandant au marié de réciter la brakha sur un nouveau tallit et à la mariée sur sa nouvelle robe de mariée. Existe-t-il un moyen de réciter cette brakha directement sur la joie du mariage ?

RÉPONSE

Merci pour cette question. La première question qui doit être abordée est la suivante : pourquoi, en effet, n’était-il pas d’usage de réciter Sheh’eyanou dans le passé, étant donné la grande joie ressentie par les mariés lors de leur mariage ? Pendant longtemps, j’ai cru comprendre que cette brakha avait été remplacée par les sheva brakhot qui sont une expression étendue de cette joie.

Cette explication pose toutefois un problème, car les sheva brakhot sont récitées par les membres de la communauté, et non par les mariés.  Il ne s’agit donc pas tant d’une expression de la joie ressentie par le couple que des souhaits et des prières de la communauté pour que le couple soit joyeux.

Pourquoi, dans ce cas, n’a-t-on pas pris l’habitude de demander au couple de ne pas réciter la bénédiction Sheh’eyanou en raison de la joie qu’il ressent ? Je pense que la raison en est que, dans le passé, on ne pouvait pas supposer qu’une telle joie était présente, car les mariages étaient souvent arrangés par les parents, sans grande considération pour les sentiments des futurs mariés.

De nos jours, on attend des futurs mariés qu’ils se marient par amour et qu’ils se présentent à la chuppah avec de profonds sentiments de joie.  Dans de tels cas, la récitation de la brakha de Sheh’eyanou est non seulement acceptable d’un point de vue halakhique, mais on pourrait même dire qu’elle est requise d’un point de vue halakhique. Rav Yaakov Emden, en fait, se prononce exactement de cette manière. Dans Mor uKtziya (223), il écrit :

En ce qui concerne [le mariage] avec une femme, il me semble que si la femme lui convient, alors il devrait certainement réciter she’hechiyanu, soit pour l’accomplissement de la mitsva (de se marier), en particulier s’il s’agit de sa première femme, soit parce que cela n’a pas moins d’importance que de voir un ami envers lequel on a des sentiments chaleureux (que l’on n’a pas vu depuis un certain temps). Mais si elle ne lui convient pas – si elle est halakhiquement inéligible pour l’épouser ou qu’elle est de mœurs légères, ou même si elle ne trouve pas grâce à ses yeux – et qu’il ne l’épouse que pour des considérations financières, alors il ne doit certainement pas réciter de brakha.

Ma conclusion est donc que si – si Dieu le veut – un couple ressent de la joie et de la gratitude lors de son mariage, il peut, et devrait très probablement, réciter la bénédiction she’hechiyanu pour exprimer cette joie.

(J’en parle plus longuement dans mon prochain livre de teshuvot, The Rosh Yeshiva Responds).