Today is June 24, 2024 / /

The Torah Learning Library of Yeshivat Chovevei Torah

Shemot – Le Rosh Yeshiva Réponds – Une femme peut-elle servir de mohel ? 

by Rabbi Dov Linzer (Posted on January 3, 2024)
Topics: French, Rosh Yeshiva Responds, Sefer Shemot, Shemot, Torah

Print Friendly, PDF & Email

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Britmila.jpg

וַתִּקַּח צִפֹּרָה צֹר וַתִּכְרֹת אֶת עָרְלַת בְּנָהּ וַתַּגַּע לְרַגְלָיו וַתֹּאמֶר כִּי חֲתַן דָּמִים אַתָּה לִי:

“Alors Zippora prit une pierre tranchante, coupa le prépuce de son fils et le jeta à ses pieds, en disant : Tu es pour moi un mari sanguinaire. “(Shemot 4:25)

Traduit par Rabbi Émile Ackermann

To read this post in English, click here

To read this post in Spanish, click here

QUESTION—Alon Shvut, Israël

Rav Linzer, un converti a besoin d’une hatafat dam brit – une piqûre d’épingle sur la couronne du pénis qui remplace la circoncision pour un converti de sexe masculin qui est déjà circoncis. Les deux seuls choix possibles sont un mohel masculin non-frum ou une urologue féminine frum. Quelle est la meilleure des deux options pour effectuer la hatafah ?

RÉPONSE

Merci pour votre question. Pour donner un peu de contexte, la Guemara (Avoda Zara 27a) cite deux opinions sur la question de savoir si une femme peut servir de mohelet. Selon une opinion, elle peut le faire, parce qu’elle est considérée comme “circoncise”, dans la mesure où elle n’a pas de prépuce. La position opposée soutient qu’elle ne peut pas le faire parce qu’elle n’est pas concernée par la mitsva de la circoncision.

Rambam (Milah 2:1) et Shulkhan Arukh (Yoreh Deah 264:1) statuent comme la première position qu’une femme peut servir de mohel, mais Rambam écrit que c’est seulement si aucun homme n’est disponible, une qualification reprise par Shulkhan Arukh. La préférence pour un mohel masculin ne semble pas provenir de la Guemara, et émerge apparemment du sentiment que cette mitsva est très “masculine” dans sa nature, et qu’elle devrait donc être accomplie par un homme, dans la mesure du possible. Il convient également de noter que Tosafot (Avoda Zara, 27a, s.v. Isha) est enclin à statuer comme l’opinion selon laquelle une femme n’est pas valide pour servir de mohel, et Rema prends note de cette position, bien qu’il indique également qu’en fin de compte, une femme peut servir dans cette capacité si un homme n’est pas disponible.

En ce qui concerne une personne qui ne respecte pas les lois de Chabbat, le raisonnement pour disqualifier une telle personne repose sur plusieurs hypothèses. Tout d’abord, un mumar li’kol ha’Torah, quelqu’un qui rejette la Torah, n’est pas valable en tant que mohel. C’est ce que dit le Rema, mais cela va à l’encontre du sens simple de la Guemara et de Tosafot, comme l’a noté Rabbi Akiva Eiger dans son commentaire sur le Shulkhan Arukh. Deuxièmement, cela suppose qu’une personne qui ne pratique pas le Chabbat doit être traité comme un mumar li’kol ha’Torah. Cela était peut-être vrai à l’époque où tous les Juifs observaient le Chabbat, mais de nos jours, il est courant de considérer qu’une personne qui ne respecte pas le Chabbat fait toujours partie de la communauté juive. Néanmoins, Rav Moshe Feinstein est strict lorsqu’il s’agit de faire servir une telle personne en tant que mohel. Dans les cas où il n’y a pas d’autres bonnes options, cependant, j’autoriserais certainement un tel mohel, à condition qu’il soit formé de manière traditionnelle.

Ainsi, sur la base des sources précédentes, nous devrions conclure qu’une femme et un homme qui ne respectent pas les lois du Shabbat sont également des choix de Mohel valables. Toutefois, compte tenu de la façon dont la halakha a évolué, une femme frum est nettement préférable à un homme non frum, car tout le monde s’accorde à dire qu’une femme peut servir de mohel, au moins bi’dieved. Et bien sûr, nous avons l’exemple de Tzipporah, la femme de Moshé, qui a accompli une milah sur leur fils, a évité une tragédie et a contribué à notre libération d’Egypte !

Enfin, je précise que tout ce qui précède part du principe que les lois de hatafat dam brit pour une conversion suivent les mêmes lois que pour une brit milah. Il est cependant possible que les critères à respecter pour pouvoir être mohel dans ce cas-là soient différents. Puisqu’il ne s’agit pas d’être obligé dans la mitsva de la milah, on pourrait argumenter qu’une femme devrait être bonne li’chatchilah selon toutes les opinions. En revanche, il pourrait y avoir encore plus de raisons d’empêcher une personne qui ne respecte pas Chabbat de faire partie du processus de conversion, surtout si l’on considère le rôle de l’acceptation des mitzvot qui est au cœur de la conversion. Cela plaiderait encore plus en faveur de la préférence de la femme pour faire la hatafah plutôt que de l’homme dans ce cas.