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Vaera – Le Rosh Yeshiva Réponds – Prier avec une croix dans la pièce

by Rabbi Dov Linzer (Posted on January 10, 2024)
Topics: French, Rosh Yeshiva Responds, Sefer Shemot, Torah, Va'era

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https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Princess_Alexandra_Hospital_patient%27s_room.jpg

כְּצֵאתִי אֶת הָעִיר אֶפְרֹשׂ אֶת כַּפַּי אֶל השם

“Dès que je serai sorti de la ville, j’étendrai mes mains vers l’Éternel.” (Shemot 9:29).

Traduit par Rabbi Émile Ackermann

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QUESTION—Washington, D.C.

Une personne est patiente à l’hôpital “Holy Cross” et il y a un crucifix sur le mur de chaque chambre. Peut-elle y faire des berakhot et y prier ?

RÉPONSE

La discussion halakhique sur ce sujet commence par le verset (Shemot 9:29) dans lequel Moshé dit à Pharaon, pendant la plaie de la grêle, qu’il priera Dieu dès qu’il quittera la ville. Le midrash (Shemot Rabba 12:5) explique cela :

Ce verset montre que Moshé ne souhaitait pas prier en Égypte (c’est-à-dire dans la ville), parce qu’elle était souillée de gilulim vi’shikutzim.

Le terme gilulim, qui signifie littéralement “excréments”, est un dysphémisme rabbinique standard (un terme dépréciatif choisi au lieu d’un terme neutre) pour désigner les idoles. Le mot sheketz, une créature détestable, fonctionne de la même manière.

Ce midrash pourrait donc être considéré comme une base pour interdire à une personne de prier en présence de symboles religieux et d’objets de culte d’autres religions, qui sont considérés comme répugnants. La question de savoir si cela s’applique en tant que question de halakha (et non pas si Moshé “ne souhaite pas” simplement prier à cet endroit) est une autre question. Nous devons également nous demander si cette déclaration, qui considère les idoles comme quelque chose de théologiquement répugnant (bien que les pluralistes religieux contestent ce point), s’appliquerait à de simples symboles religieux d’autres confessions.

Le Rema (OH 94:9), se basant sur la décision de Rabbi Israël Isserlen (Autriche, 1390-1460) dans Trumat HaDeshen (n° 6) qui cite le midrash ci-dessus, déclare qu’un juif qui voyage devrait prier sur le bord de la route, même s’il ne sera pas en mesure d’avoir le degré idéal de concentration sur ses prières, plutôt que de prier à l’auberge vers laquelle il se dirige si elle est remplie de statues et de peintures religieuses.

Il en ressort deux points : (1) il n’y a pas de restriction halakhique à prier dans une telle pièce ; et (2) les statues et peintures religieuses chrétiennes sont considérées comme problématiques lorsqu’il s’agit du lieu idéal pour la prière.

En ce qui concerne la croix, il convient de noter que le Rema statue qu’une croix n’est dans la plupart des cas qu’un symbole religieux et non un objet de culte (SA YD 141:1). Néanmoins, il semblerait que le lieu idéal pour la prière devrait également être exempt de tels objets. Bien que nous n’ayons pas besoin – en fait, nous ne devrions pas – de considérer les objets religieux d’une autre foi comme “détestables”, nous devrions tout de même nous efforcer de faire en sorte que nos lieux de prière soient neutres ou juifs.

Sur la base de tout cela, de nombreux poskim statuent que lorsqu’une personne est un patient dans un hôpital où il y a une croix dans la chambre, et qu’il n’est pas raisonnable de demander qu’elle soit enlevée, le patient peut néanmoins prier, et certainement réciter des berakhot, dans la chambre (voir, par exemple, Shut Lev Avraham, 30). Il faut faire particulièrement attention à ne pas prier en direction d’une croix pour ne pas être perçu comme priant vers la croix, même si cela implique de ne pas prier en direction de Jérusalem (MB 94:30, basé sur SA OH 113:8 et YD 150:3). Ceci étant dit, si et quand cela est possible, la croix doit être enlevée ou recouverte.

Enfin, il est important de noter que ces sources citées auparavant considèrent le christianisme comme une avoda zara, du moins pour les Juifs. Il s’agit de l’approche traditionnelle, bien que certains contestent cette désignation, un sujet qui va au-delà de notre discussion actuelle.