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Terumah – Le Rosh Yeshiva Réponds – Utilisation de l’argent du Ma’aser Kesefaim pour le fonds de construction d’une Shul

by Rabbi Dov Linzer (Posted on February 14, 2024)
Topics: French, Rosh Yeshiva Responds, Sefer Shemot, Terumah, Torah

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דַּבֵּר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְיִקְחוּ לִי תְּרוּמָה מֵאֵת כָּל אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ תִּקְחוּ אֶת תְּרוּמָתִי:

Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils m’apportent une offrande ; vous prendrez mon offrande de toute personne qui l’aura donnée de bon cœur. (Shemot 25:2)

 

Traduit par Rabbi Émile Ackermann

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QUESTION—Los Angeles, CA

Puis-je utiliser mon ma’aser kesafim, dîmes prélevées sur mes revenus, pour contribuer à la campagne de construction de ma synagogue ?

RÉPONSE

Donner de l’argent pour la construction d’une maison de Dieu est le thème de la parasha de cette semaine, où les Israélites ont été invités à faire des dons pour la construction du Tabernacle. Dans notre période post-Temple, la synagogue remplace le Temple, et il ne fait aucun doute que donner de l’argent pour la construction d’une synagogue est une mitzvah importante. Mais s’agit-il d’une utilisation légitime de l’argent du ma’aser kesafim ?

Pour répondre à cette question, nous devons mieux comprendre la nature de l’obligation de ma’aser kesafim. Les poskim débattent de la nature de cette obligation, à savoir s’il s’agit d’une obligation biblique, rabbinique, ou seulement d’une coutume. Pendant des siècles, elle a été pratiquée presque exclusivement par les juifs ashkénazes ; elle était presque inconnue dans le monde sépharade.

La nature de ma’aser kesafim fait également l’objet d’un débat. S’agit-il d’une obligation classique de tzedakah, qui imposerait qu’elle soit donnée aux pauvres ? Ou s’agit-il plutôt de la dîme qu’Abraham et Yaakov donnaient : des dons non pas aux pauvres, mais à Dieu ? Ce type de dîme ne sert pas principalement à aider ceux qui sont dans le besoin, mais à nous aider à reconnaître que notre réussite matérielle, en fait, tout ce que nous avons dans ce monde, vient de Dieu, comme le montre le vœu de Yaakov : “Tout ce que tu me donneras, je ten donnerai la dîme.” (Breishit 28:22). Le mot clé ici n’est pas tzedakah, mais terumah – le mot qui ouvre notre parasha – quelque chose qui s’élève vers Dieu.

Si le ma’aser kesafim est une forme de tzedakkah, il devrait être destiné aux personnes en difficulté financière et, en effet, la norme de 1/10th apparaît dans le Shoulkhan Aroukh et le Rambam dans les lois sur la tzedakkah. Mais s’il s’agit d’une manière de rendre à Dieu, alors donner pour la construction d’une synagogue serait une utilisation idéale des fonds !

Le Rema, suivant la décision du Maharil (Teshuvot 56), se range du côté de la tzedakkah : “Et on ne doit pas utiliser son ma’aser pour (une autre) mitzvah, par exemple, pour donner des bougies à la synagogue ou toute autre mitzvah, mais il doit être donné aux pauvres” (YD 249:2).

Beaucoup contestent la décision de Rema. Shakh (YD 249:3) et Taz (YD 249:1) estiment tous deux que l’argent peut être utilisé à d’autres fins de mitzvah, comme l’achat d’une aliyah ou de seforim, ce qui inclut certainement les dons à une synagogue. Pour eux, il s’agit d’une dîme à Dieu, et non aux pauvres.

Le consensus général est que l’argent des ma’aser kesafim peut être utilisé à des fins de mitzvah et pas seulement de tzedakkah. Une personne peut donc utiliser l’argent de ses ma’aser kesafim pour faire un don au fonds de construction de la shul (ou à son institution de Torah préférée !).