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Traduit par Rabbi Émile Ackermann
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Il y a quelques années, j’ai donné un cours d’Eloul au YCT, appliquant les concepts des principes comportementaux à la téchouva. Ironiquement, je n’ai jamais adopté aucune des mesures proposées. Je ne fais pas claquer un élastique lorsque je dis du lashon hara, et je ne me récompense pas avec un chocolat lorsque je m’abstiens d’en faire. Savoir comment changer ne signifie pas que je suis prêt à faire ce qu’il faut. J’ai l’intention de changer, je me promets à moi-même et à Dieu que je changerai, mais je prends rarement des mesures pour y parvenir.
Étonnamment, l’intention de changer semble être la seule exigence de la Parashat Téchouva, le passage de la Parashat Nitzavim que les Sages associent à la mitzva de téchouva (Dev. 30:2-3) :
וְשַׁבְתָּ עַד־ה‘ אֱ-לֹהֶיךָ וְשָׁמַעְתָּ בְקֹלוֹ כְּכֹל אֲשֶׁר־אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם אַתָּה וּבָנֶיךָ בְּכָל־לְבָבְךָ וּבְכָל־נַפְשֶׁךָ׃ וְשָׁב ה‘ אֱ-לֹהֶיךָ אֶת־שְׁבוּתְךָ וְרִחֲמֶךָ וְשָׁב וְקִבֶּצְךָ מִכָּל־הָעַמִּים אֲשֶׁר הֱפִיצְךָ ה‘ אֱ-לֹהֶיךָ שָׁמָּה׃
Vous reviendrez à Dieu, et vous et vos enfants entendrez la voix de Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme, comme je vous l’enjoins aujourd’hui, alors Dieu rétablira votre fortune et vous reprendra en amour. Dieu vous rassemblera de tous les peuples où votre Dieu vous a dispersés.
Après une punition sévère (Devarim 28, 15-48), les Juifs doivent revenir à Dieu. Comment ? En entendant la voix de Dieu. Habituellement, cette phrase se réfère à l’obéissance, de sorte qu’un changement de comportement est peut-être nécessaire après tout. Cependant, après avoir décrit la rédemption, la Torah dit (30 : 6-8),
וּמָל ה‘ אֱ-לֹהקיךָ אֶת-לְבָבְךָ, וְאֶת-לְבַב זַרְעֶךָ: לְאַהֲבָה אֶת-ה‘ אֱ-לֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשְׁךָ…וְאַתָּה תָשׁוּב, וְשָׁמַעְתָּ בְּקוֹל ה’; וְעָשִׂיתָ, אֶת-כָּל-מִצְוֹתָיו…
Alors Dieu circoncira ton cœur et celui de ta descendance pour que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme… Alors tu écouteras à nouveau Dieu et tu obéiras à tous les commandements divins….
Dans le cadre de la transformation de la téchouva, Dieu circoncira nos cœurs et nous accomplirons enfin les Mitzvot. Il y a, au moins, la suggestion que l’accomplissement des Mitzvot n’est pas une exigence de la téchouva, mais qu’il suffit d’entendre la voix de Dieu.
Les rabbins le confirment dans un midrash sur Caïn et Adam. Ils disent (Vay. R. 10:5)
כיון שיצא פגע בו אדם הראשון אמ’ לו מה נעשה בדינך, אמ’ לו עשיתי תשובה ופירשתי. כיון ששמע אדם הראשון כך התחיל טופח על פניו, אמ’ כל כך היא כוחה שלתשובה ולא הייתי יודע.
Lorsque [Caïn] quitta [Dieu], il rencontra Adam [son père]. Il lui demanda : « Qu’est-ce qui a été décidé ? Il lui répondit : ‘J’ai fait téchouva et j’ai été repêché.’ Lorsqu’Adam entendit cela, il se frappa le visage. Il dit : « Tel est le pouvoir de la la téchouva et je ne le savais pas ! ».
Il est encore trop tôt pour que Caïn ait pris des mesures ou changé de comportement. Sa conciliation verbale était apparemment suffisante. Comment cela peut-il être aussi simple ?
D’après mon expérience, une intention réelle peut conduire à un changement. Mais je parle ici d’une intention constante, habituelle : la tefillah be-kavana (l’intention dans la prière).
Un exemple : Chonen HaDa’at (« Donne la connaissance »), la quatrième bénédiction de la Shemonah Esreh, me trouble parfois. Le Talmud (Ber. 29a, Meg. 17b) dit que nous demandons de l’aide pour distinguer le bien du mal. Mais j’ai un vilain secret. En fait, je sais distinguer le bien du mal. Le kol demama daka (petite voix tranquille) dans ma tête me dit régulièrement ce qui est bien. Je me contente de rationaliser fréquemment. Alors… Pourquoi est-ce que je prie ? Quel est l’intérêt de savoir distinguer le bien du mal si je choisis si souvent de faire le mal ?
Le roi Salomon a établi la norme pour demander la sagesse de Dieu (1R 3:9). Il demande לֵ֤ב שֹׁמֵ֙עַ֙ לִשְׁפֹּ֣ט אֶֽת-עַמְּךָ֔ לְהָבִ֖ין בֵּֽין-ט֣וֹב לְרָ֑ע un cœur qui écoute et comprend les autres. Lorsque j’arrive à Chonen HaDa’at, je pense à la personne qui m’a rendu le plus fou ces derniers temps. J’essaie de la comprendre et je demande de l’aide. C’est là que le la téchouva entre en jeu ! Plus je me concentre sur cette question, plus mon tempérament devient doux. Il m’est également plus facile de m’excuser auprès de ceux qui en ont besoin. Le fait de prendre quotidiennement le temps de comprendre les autres me rend en fait plus facile à vivre dans la pratique. La répétition régulière de mon intention la maintient claire et présente dans mon esprit.
La téchouva ne se fait pas en un instant. C’est une intention alimentée par de multiples rappels quotidiens dans la Tefillah. Il se peut que je ne sois pas prêt à embrasser la téchouva de manière proactive. Mais j’utilise mes habitudes, en particulier la tefillah, pour renforcer mon intention de changer et laisser cette conscience m’apporter la téchouva.





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